Publié le
17/3/2025

Comparaison des approches ECMO avec d'autres techniques

Comparez les approches ECMO avec d'autres méthodes de soutien vital. Apprenez comment l'ECMO se distingue et quand l'utiliser pour de meilleurs résultats cliniques.

L’oxygénation extracorporelle par membrane (ECMO) est une technique médicale avancée permettant de suppléer temporairement aux fonctions du cœur et des poumons. En extrayant et en réoxygénant le sang en dehors du corps, ce système sophistiqué offre un répit essentiel à ces organes vitaux, favorisant leur récupération face à des pathologies graves.

Utilisée fréquemment dans les cas de détresse respiratoire aiguë, d’insuffisance cardiaque sévère ou de complications post-chirurgicales, l’ECMO s’impose comme une solution salvatrice d’une efficacité éprouvée, notamment dans des contextes critiques tels que le SDRA ou la COVID-19. Cette méthode soulève également une réflexion sur ses bénéfices et ses limites, faisant l’objet de recherches constantes.

En unités de soins intensifs, elle constitue une aide précieuse, guidant les équipes face à des situations complexes et augmentant les chances de survie des patients. L’ECMO, bien qu’exigeante sur le plan technique, reste un pilier incontournable du soutien vital moderne.

Qu'est-ce que l'ECMO ?

Définition et fonctionnement

L'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) est une technique de circulation extracorporelle qui offre une assistance simultanée cardiaque et respiratoire aux patients dont le cœur et/ou les poumons ne peuvent maintenir des échanges gazeux suffisants pour assurer la vie. Cette procédure simule les fonctions vitales du cœur et des poumons en retirant du sang désoxygéné, en le faisant passer à travers une membrane spéciale qui élimine le dioxyde de carbone et y injecte de l'oxygène, avant de le réintroduire dans la circulation sanguine.

Le processus repose sur l'insertion de canules dans des vaisseaux sanguins afin d’extraire le sang, qui est ensuite pompé à travers un oxygénateur à membrane. Cet oxygénateur imite le fonctionnement des alvéoles pulmonaires en supprimant le dioxyde de carbone et en ajoutant de l’oxygène. Une fois oxygéné, le sang est réchauffé puis réinjecté dans le corps. Afin de prévenir la coagulation dans le circuit extracorporel, une anticoagulation systémique est nécessaire. De plus, une antibioprophylaxie est fréquemment mise en place pour réduire les risques d’infection.

Les deux principales formes : VV-ECMO et VA-ECMO

L'ECMO se décline en deux modes principaux : la voie veino-veineuse (VV-ECMO) et la voie veino-artérielle (VA-ECMO).

La VV-ECMO est utilisée spécifiquement pour fournir un soutien respiratoire. Dans ce contexte, le sang est extrait du système veineux, oxygéné à l’extérieur du corps, et réintroduit dans le système veineux. Cette méthode est particulièrement adaptée aux patients présentant une détresse respiratoire aiguë, comme dans le cas du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Les canules sont généralement insérées dans des veines de grand calibre, telles que la veine jugulaire interne et la veine fémorale, et le sang oxygéné est redistribué vers l’oreillette droite pour être pompé par le cœur en direction des poumons.

La VA-ECMO, quant à elle, fournit une assistance à la fois cardiaque et respiratoire. Dans cette configuration, le sang est extrait du système veineux, oxygéné, et directement réinjecté dans le système artériel. Cette méthode est utilisée chez les patients souffrant de défaillance cardiaque grave ou d’une combinaison de défaillances cardiaque et respiratoire. Les canules pour la VA-ECMO sont généralement insérées dans une veine et une artère de grand calibre, comme la veine fémorale et l'artère carotide. Grâce à cette technique, le système prend partiellement en charge la fonction de pompage du cœur, permettant à ce dernier de récupérer progressivement.

Quand l'ECMO devient-elle une option de traitement ?

Les critères d'admissibilité à l'ECMO

L'ECMO est envisagée comme une option thérapeutique lorsque les patients souffrent d'une défaillance respiratoire ou cardiaque sévère pouvant être potentiellement réversible. Bien que les critères d'admissibilité puissent varier selon les institutions, certains critères universels sont couramment adoptés.

Dans le cadre de la détresse respiratoire aiguë, les patients deviennent généralement éligibles à l'ECMO si leur rapport PaO2/FiO2 chute en dessous de 50 mmHg, ceci malgré une ventilation mécanique avec un FiO2 à 100% et un PEEP supérieur ou égal à 5 cm H2O. De la même manière, une hypercapnie réfractaire accompagnée d'un pH inférieur à 7,25, et ce malgré des manœuvres optimisées (recrutements alvéolaires et vasodilatateurs inhalés), peut également consigner le patient comme candidat potentiel à l'ECMO.

En ce qui concerne les cas de soutien cardiaque, l'indication de l'ECMO se précise notamment lors de situations de choc cardiogénique réfractaire, malgré des traitements médicaux optimaux. Un infarctus du myocarde, une myocardite aiguë, une cardiomyopathie du post-partum ou encore une insuffisance cardiaque décompensée peuvent motiver cette décision. De plus, certains patients atteints de choc septique, lorsque la cause est identifiée et la réanimation initiale efficace, peuvent eux aussi bénéficier de l'ECMO.

Limitations et considérations éthiques

Bien que l'ECMO puisse offrir une opportunité de survie dans des circonstances critiques, elle n'est pas exempte de limites et de questionnements éthiques. Parmi les critères d'exclusion fréquemment rencontrés figurent des facteurs comme un âge extrême (en général, patients de moins de 12 ans ou de plus de 65 ans), des lésions pulmonaires datant de plus de 21 jours, une pression capillaire pulmonaire dépassant 25 mmHg, des brûlures graves ou encore des maladies terminales pour lesquelles le pronostic à court terme est fatal.

Les décisions autour de l'ECMO nécessitent également une réflexion éthique approfondie et collective, en particulier lorsqu'il faut évaluer la durée du traitement ou décider d'y mettre un terme. Ces décisions impliquent une collaboration entre les médecins, les patients et les familles, tout en respectant des principes comme la bienfaisance, la non-malfaisance et l'autonomie du patient. Des situations complexes peuvent survenir, telles que l'utilisation de l'ECMO comme un « pont vers nulle part », où le patient n'est ni éligible à une transplantation ni attendu pour une récupération fonctionnelle, créant ainsi des enjeux éthiques significatifs.

Par ailleurs, les ressources médicales restreintes et les complications associées à l'ECMO sont des éléments à prendre en compte. Parmi ces complications, on trouve des infections systémiques, des troubles hémorragiques ou coagulopathiques, des atteintes neurologiques, ou encore des ischemies des membres causées par les cathéters. Ces risques soulignent la nécessité d'une communication transparente et d'une prise de décision partagée afin d'intégrer les multiples dimensions complexes de ce type de traitement.

L'ECMO dans la lutte contre les cas critiques

Utilisation de l'ECMO dans les cas de détresse respiratoire aiguë sévère

L'ECMO veino-veineuse (VV-ECMO) joue un rôle déterminant dans la prise en charge de la détresse respiratoire aiguë sévère, en particulier lors d'un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Cette pathologie, marquée par une inflammation importante des poumons, engendre une difficulté respiratoire réfractaire aux traitements conventionnels tels que la ventilation mécanique.

L'ECMO prend le relais des fonctions pulmonaires en permettant à la fois l'oxygénation et l'élimination du dioxyde de carbone hors de l'organisme, offrant ainsi un temps précieux pour permettre aux poumons de se régénérer.

Les patients bénéficiant de l'ECMO-VV profitent d'une ventilation invasive dite "ultra-protectrice", destinée à limiter les lésions pulmonaires souvent associées à la ventilation mécanique. Conformément aux recommandations de l'Extracorporeal Life Support Organization (ELSO), les paramètres initiaux incluent une pression expiratoire positive (PEP) de 15 cmH2O, une pression inspiratoire de 25 cmH2O, et une fréquence respiratoire de 5 cycles par minute.

Ces réglages peuvent être modulés en fonction de la réponse du patient et de la nécessité d'optimiser les échanges gazeux au cours du traitement.

ECMO dans le contexte de la COVID-19

Au cours de la pandémie de COVID-19, l'ECMO a représenté une option essentielle pour les patients atteints de formes sévères du SDRA. La maladie a souvent conduit à une hypoxémie sévère accompagnée d'une acidose respiratoire insensible aux thérapies classiques, rendant l'ECMO vitale pour ces cas critiques.

Les données collectées lors d'études, telles que celles menées par l'équipe de Sorbonne Université ou le registre COVID-ICU, ont illustré l'efficacité de l'ECMO en améliorant les taux de survie chez ces patients. De plus, l'ECMO-VV a été majoritairement utilisée, bien que l'ECMO veino-artérielle (VA-ECMO) ait également trouvé application dans certaines situations spécifiques.

Les critères d'accès à l'ECMO dans ce contexte incluaient une hypoxémie sévère (PaO2/FiO2 < 150) et/ou une acidose respiratoire (pH < 7,25 avec PaCO2 > 60 mmHg) résistantes aux stratégies conventionnelles de ventilation mécanique.

Sauvetage par ECMO en cas de choc cardiogénique sévère

L'ECMO veino-artérielle (VA-ECMO) se révèle être une technique de sauvetage inestimable pour les patients souffrant d'un choc cardiogénique sévère – une défaillance du muscle cardiaque empêchant une circulation sanguine suffisante pour répondre aux besoins physiologiques de l'organisme.

En prenant temporairement en charge la fonction cardiaque et en soulageant le ventricule gauche, l'ECMO VA permet une meilleure gestion du patient et est associée à de résultats cliniques optimisés.

Elle offre aux équipes médicales une période critique pour intervenir de manière plus définitive, que ce soit à travers une transplantation cardiaque ou d'autres réparations chirurgicales importantes. Néanmoins, l'ECMO VA ne constitue pas un traitement en soi, mais agit plutôt comme un pont essentiel vers des options thérapeutiques plus pérennes ou un rétablissement partiel voire complet.

Comparaison des approches ECMO avec d'autres techniques

À la différence de nombreuses autres techniques de soutien vital, l'ECMO (Oxydation par Membrane Extracorporelle) représente une approche avancée et parfois décisive dans le traitement des défaillances respiratoires et cardiaques. Bien que cette stratégie apporte des bénéfices importants, il est essentiel d’examiner ses particularités et ses comparaisons avec d'autres méthodes thérapeutiques pour en comprendre pleinement les avantages et les limites.

Ventilation Mécanique

La ventilation mécanique est fréquemment employée pour traiter les patients en détresse respiratoire aiguë. Toutefois, son utilisation prolongée peut entraîner des lésions pulmonaires, notamment en raison de pressions positives trop élevées ou d'un volume tidal inadapté.

L'ECMO, notamment sous sa forme veino-veineuse (VV-ECMO), offre une alternative intéressante. Elle permet de réduire les paramètres de ventilation et offre aux poumons une véritable période de repos nécessaire à leur récupération. Cela minimise ainsi les dommages potentiellement induits par la ventilation mécanique classique.

Assistance Ventriculaire

Le recours à des dispositifs d'assistance ventriculaire, comme les dispositifs d'assistance ventriculaire gauche (VAD), est principalement réservé à des patients souffrant d'insuffisance cardiaque chronique ou en attente de transplantation. Cependant, ces dispositifs ne répondent pas aux besoins respiratoires des patients.

En comparaison, l’ECMO veino-artérielle (VA-ECMO) permet d'offrir un soutien conjoint des fonctions cardiaques et respiratoires. Cette caractéristique la rend particulièrement utile dans des situations aiguës de défaillance cardiorespiratoire.

Échange de Gaz par Membrane Extracorporelle Portatif

Avec l’émergence de systèmes d’ECMO portatifs, comme le Cardiohelp®, une flexibilité accrue est désormais possible. Ces dispositifs légers permettent le transport des patients tout en maintenant une stabilité vitale, notamment entre différents établissements de santé.

Des études suggèrent que ces dispositifs portatifs peuvent réduire les besoins en transfusions et améliorer certaines issues cliniques, offrant ainsi une solution adaptée dans des contextes où une intervention rapide est essentielle. Cependant, leur utilisation nécessite toujours une équipe experte et expérimentée.

Transplantation et Pontage Temporaire

Enfin, l'ECMO joue parfois un rôle indispensable comme pont vers des solutions définitives, telles que la transplantation cardiaque ou pulmonaire. Elle offre au patient une chance de stabilisation temporaire, permettant de maintenir ses fonctions vitales jusqu'à ce qu'une greffe soit disponible.

Cette fonction de pontage temporaire allie les bénéfices immédiats de l'ECMO avec les progrès à long terme qu'apportent les transplantations, dessinant ainsi un parcours thérapeutique cohérent et intégré.

Conclusion

L’ECMO se distingue véritablement des autres solutions de soutien vital. En sachant associer un soutien respiratoire et cardiaque tout en minimisant les lésions induites par la ventilation mécanique, elle constitue une option thérapeutique précieuse. Cependant, sa mise en place exige une expertise de haut niveau ainsi que des moyens techniques adaptés, soulignant ainsi l’importance d’une évaluation minutieuse du contexte de chaque patient avant décision.

L’avenir de l’ECMO et innovations

Recherche actuelle et développements futurs

L’ECMO ne cesse d’évoluer grâce à des avancées scientifiques et technologiques majeures, visant à améliorer les résultats cliniques tout en élargissant ses champs d’application. Les recherches actuelles se concentrent sur plusieurs axes prioritaires, notamment l’optimisation des protocoles de prise en charge, l’amélioration des matériaux utilisés notamment pour les oxygénateurs, et la réduction des complications couramment associées à l’ECMO.

L’un des domaines les plus prometteurs concerne le développement de systèmes d’ECMO plus portables et plus faciles à manipuler. Ces systèmes, en offrant une meilleure mobilité des patients, pourraient révolutionner leur prise en charge, en intégrant ces dispositifs plus facilement dans des soins plus dynamiques et de proximité. Par exemple, des solutions comme le Cardiohelp® sont déjà utilisées pour accompagner certains patients en période critique, notamment en attendant une transplantation ou une récupération fonctionnelle. La validation clinique de leur efficacité est en cours et pourrait ouvrir la voie à une utilisation encore plus large dans différents contextes thérapeutiques.

Parallèlement, les efforts de recherche s’orientent vers une meilleure sélection des profils éligibles pour ce dispositif, et un affinement des critères de déclenchement de l’ECMO. Ces travaux visent ainsi à maximiser l’efficacité et à limiter les risques, en recourant à des approches plus personnalisées et ciblées. La mise en œuvre de stratégies adaptées aux besoins spécifiques de chaque patient permettrait en effet de garantir des résultats optimaux, tout en réduisant les effets indésirables.

L’ECMO comme pont vers la guérison ou la transplantation

L’ECMO occupe aujourd’hui une place essentielle dans la prise en charge de patients en attente de guérison ou de transplantation. Son rôle consiste à assurer un soutien vital tout en permettant aux patients de rester cliniquement stables et parfois même actifs, un aspect important lorsqu'il s'agit par exemple de greffes d’organes multiples ou de pathologies engageant gravement le pronostic vital. Dans le cadre des transplantations thoraciques multiorganes, l’ECMO a démontré son intérêt en augmentant les taux de survie à court terme, même si les données sur le long terme nécessitent encore des études plus approfondies.

Dans des contextes spécifiques, notamment les transplantations cœur-poumons, cœur-reins ou poumons-reins, les patients sous ECMO affichent des taux de survie comparables à ceux des patients non bridgés après le cap critique des 30 jours post-transplantation. Une fois cette phase initiale passée, les résultats cliniques tendent à s’aligner, confirmant l’importance stratégique de l’ECMO dans ce cadre précis.

En transplantation pulmonaire, l’ECMO offre une approche innovante souvent désignée comme « bridge to candidacy ». Cette stratégie permet aux patients de bénéficier d’une activité physique continue et de rester intégrés dans des protocoles thérapeutiques actifs, améliorant ainsi leurs chances de réussite suite à l’intervention. Cette approche est tout particulièrement pertinente pour des patients souffrant d’exacerbations aiguës liées à des maladies pulmonaires chroniques, ouvrant de nouvelles perspectives pour des profils qui auraient jadis été jugés non éligibles à la greffe.

En ce qui concerne la transplantation cardiaque, l’ECMO joue également un rôle important, surtout dans des situations post-opératoires complexes, comme l’apparition d’une défaillance aiguë du greffon (EGF). Dans ces cas spécifiques, l’ECMO veino-artérielle (VA-ECMO) assure un soutien à la fois circulatoire et respiratoire, offrant ainsi au cœur greffé une chance précieuse de récupération. Cette intervention contribue non seulement à réduire la mortalité liée à l’EGF, mais permet également de contenir les complications postopératoires, améliorant considérablement le pronostic global des patients concernés.

Conclusion

L'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) se positionne aujourd'hui comme une technique de soutien vital essentielle pour les patients en détresse respiratoire ou cardiaque aiguë. Grâce à sa capacité à simuler les fonctions du cœur et des poumons, l'ECMO a montré toute son efficacité dans la gestion de situations critiques telles que le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), le choc cardiogénique sévère, et même dans des crises sanitaires majeures comme la pandémie de COVID-19.

Pour en optimiser les résultats cliniques, il est fondamental de s'assurer d'une parfaite connaissance des critères d'admissibilité, des paramètres de surveillance, ainsi que des considérations éthiques liées à cette technique. Ces éléments sont autant de piliers qui permettent d'utiliser l'ECMO avec justesse et sécurité.

Les avancées en recherche médicale continuent d'affiner les protocoles de traitement, d'améliorer les matériaux des oxygénateurs et de perfectionner les stratégies de surveillance. Tout cela souligne l'importance de la formation et de la collaboration entre les équipes médicales. L'ECMO peut ainsi jouer le rôle de pont vers la guérison ou même la transplantation, ouvrant une voie d'espoir inestimable pour les patients en situation critique.

En résumé, l'ECMO représente une arme puissante face aux défaillances cardiorespiratoires aiguës. Il est primordial de favoriser la poursuite des recherches, de standardiser les protocoles, et de renforcer les compétences du personnel médical. Cette approche méthodique permettra de maximiser les bénéfices de cette technologie. En intégrant l'ECMO de manière judicieuse et planifiée dans les soins intensifs, nous pouvons aspirer à des taux de survie améliorés et à une meilleure qualité de vie pour les patients critiques.

FAQ

Quels sont les principaux indicateurs pour l'utilisation de l'ECMO dans les cas d'insuffisance cardiaque ou respiratoire grave ?

L’utilisation de l’ECMO (Extracorporeal Membrane Oxygenation) dans les situations d’insuffisance cardiaque ou respiratoire grave repose sur plusieurs indicateurs spécifiques :

  • Insuffisance respiratoire aiguë : un rapport P/F (pression partielle d'oxygène dans le sang par rapport à la fraction d'oxygène inspirée) inférieur à 80 mmHg sous FiO2 = 1 pendant au moins 3 heures, ou inférieur à 50 mmHg sous FiO2 = 1 malgré une optimisation des paramètres ventilatoires.
  • Insuffisance cardiaque : persistance de l’état de choc en dépit d’un traitement maximal, illustrée par des critères tels qu’une pression artérielle systolique < 100 mmHg, des doses élevées de dobutamine (> 10 μg/kg/min) ou d’adrénaline (> 0,5 μg/kg/min), ainsi que d’autres signes comme l’oligurie, une pression artérielle pulmonaire moyenne > 25 mmHg ou une défaillance multi-organique.

Comment l'ECMO se distingue-t-elle des techniques conventionnelles de maintien des fonctions vitales, et quels sont ses avantages spécifiques ?

Contrairement aux techniques conventionnelles, l’ECMO permet de bypasser temporairement le cœur et les poumons. Cela maintient la circulation sanguine et l’équilibre des gaz sanguins (oxygène et dioxyde de carbone) sans nécessiter un traitement direct des pathologies cardiaques ou pulmonaires. Parmi ses avantages spécifiques, on peut noter :

  • La possibilité d'offrir un répit aux organes en les laissant récupérer après des événements graves comme une maladie respiratoire aiguë sévère, un infarctus du myocarde ou un traumatisme important.
  • Son rôle essentiel en soutien des patients qui ne répondent pas aux traitements traditionnels en cas d’insuffisance cardiaque ou respiratoire sévère.

Quels sont les risques et complications potentiels associés à l'ECMO, et comment sont-ils pris en charge ?

L’ECMO n’est pas exempte de risques. Plusieurs complications peuvent survenir, notamment :

  • Saignements, parfois graves, en particulier dans la zone cérébrale.
  • Infections liées à l’utilisation de cathéters.
  • Formation de caillots sanguins ou bulles d’air dans les tubulures.
  • Ischémie des membres liée à la position des canules.

Ces complications sont gérées par l’utilisation d’anticoagulants pour prévenir les thromboses, des mesures stériles pour réduire les infections, ainsi que des cathéters de reperfusion pour limiter les ischémies. Une surveillance étroite, incluant des échocardiogrammes et radiographies thoraciques, permet de détecter et traiter rapidement d’autres complications comme la distension ventriculaire gauche ou l’œdème pulmonaire.

Quand l'ECMO peut-elle servir de "pont" pour les patients en attente d'une transplantation cardiaque ou pulmonaire, et quels sont les critères pour son utilisation ?

L’ECMO peut s’avérer précieuse comme « pont » pour les patients en attente d’une transplantation dans des contextes critiques :

  • Pont à la transplantation pulmonaire : Elle permet d’optimiser les fonctions respiratoires et hémodynamiques, facilitant ainsi l’attente d’un greffon et pouvant remplacer la circulation extracorporelle classique durant la transplantation. Elle est également utilisée en cas de défaillance primaire du greffon.
  • Pont à la transplantation cardiaque : L’ECMO, notamment sous forme veno-artérielle (VA-ECMO), aide les patients souffrant d’insuffisance cardiaque sévère en assurant une perfusion efficace des organes. Elle permet aussi au cœur transplanté de « se reposer » après une transplantation avec dysfonctionnement primaire du greffon (PGD).

Les critères incluent une instabilité hémodynamique significative, une défaillance aiguë des fonctions cardiaques ou respiratoires et l’incapacité de sevrer du bypass cardio-pulmonaire après une chirurgie cardiaque. Les patients sont évalués en fonction de plusieurs facteurs, incluant leur état fonctionnel, leur durée d’attente sur liste de transplantation et leur besoin de ventilation mécanique.

photo de l'auteur de l'article du blog de la safeteam academy
Frédéric MARTIN
Fondateur de la SafeTeam Academy
Revenir au blog
logo safeteam

Nos équipes s’engagent à évaluer vos besoins, et à vous apporter une réponse en moins de 48h